C’est bizarre. Sans aucun doute un effet d’optique... Alors que nous, consommateurs, avons la fâcheuse impression de dépenser toujours plus en faisant nos courses, que l’Institut National de la Consommation publie une enquête portant sur 1430 produits… Dont la moitié s’est renchérie, Luc Chatel, secrétaire d’Etat à l’industrie et à la consommation, nous affirme, juré, craché, que les prix ont baissé... de 0,2% depuis l'automne! Et qu’importe si, sur l’année, ils ont augmenté de 2,4%!
Viandes : prix en hausse pour le consommateur et en baisse pour le producteur
L’an passé, les industriels et la grande distribution nous avaient expliqué doctement que la valse des étiquettes s’expliquait par la hausse du prix des céréales, du lait et des oléagineux. Curieusement, le fait que le cours des céréales ait chuté de près de 51% en 2008, que les oléagineux aient perdu 38% et que le lait soit revenu à un prix abordable ne semblent avoir aucune incidence sur le caddy de la ménagère. L’INC pointe même des augmentations de plus de 12,5% sur certaines pâtes. La faute à qui? Industriels et distributeurs se renvoient ad nauseam la patate chaude...
Ce n’est pas tout. Le mois dernier, l’UFC que Choisir rendait publique une enquête sur le prix de la viande. Conclusion ? Si le prix du boeuf a augmenté de 50% entre 1990 et 2008, le prix payé aux agriculteurs a, lui, chuté de 15%. En 20 ans, la volaille s’est renchérie de 40% et le porc de 26% alors que les cours de ces viandes ont respectivement baissé de 7% et de 30%. De là à dire que la grande distribution a engrangé de confortables marges sur le dos des agriculteurs et des consommateurs...